06 janvier 2009
Un tri dans la ville, c'est pour la suite
Bonne année, les enfants! (dites moi, la note précédente vous a inspirée..)
Que 2009 vous apporte un tas de messages de ma part! (oui, les
résolutions, je n'en prends pas, c'est juste bon à pleurer le 31
Décembre sur la non perte de ta virginité ou ton cancer du poumon,
hein, alors je souhaite, maintenant) (Hein? Non, je ne fume pas,
pourquoi?)
Bref, donc, en cette période de l'année, c'est le moment des
rétrospectives. Et comme j'aime pas le mouton, on va parler des
Bisounours. Comment? Vous voulez quand même une rétrospective? Eh, mais
les Bisounours quoi!
Bon, bon, très bien.
Alors, Janvier, il a fait froid, comme en Février, et aussi en Mars, je
suppose, je ne me souviens déjà pas de ce que j'ai mangé hier, alors,
Mars, hein. Avril, il a du pleuvoir, comme en Mai, et en Juin, on a
perdu, en Juillet, en Août et un peu en Septembre, c'était l'été, en
Octobre et Novembre, il a du pleuvoir, et les feuilles sont tombées, et
en Décembre, j'ai eu froid. Voilà, on peut se farcir les Bisounours,
maintenant? Merci.
Bon, donc, les Bisounours. Oui, je répète Bisounours jusqu'à ce que
vous n'en pouviez plus et que la simple pensée d'un truc rose avec un
arc en ciel sur le bide vous fasse vomir. C'est cadeau, c'est la
nouvelle année.
Ce qui est marrant, avec ces créatures, c'est que c'est un truc de
vieux. Enfin, de mon âge, quoi. Et que tout le monde en parle, comme si
c'était devenu un nom commun ou un adjectif. Ou une insulte. T'es trop un Bisounours,
selon que c'est dit de Lolyta à Kevyn (après maints et maints cadeaux et
autre gentillesses alors que ce dernier n'a que la sauter en tête, aaah, le
bel âge), de l'hôtesse à Joey Starr (pareil, sans le bel âge) ou de
Grobisou à Grochéri (par..euh, à vérifier), ce n'est pas pareil.
Donc, que sont les Bisounours exactement. Pour les plus jeunes, c'était
le Teletubbies de l'époque : un truc niais, rose et bleu, vomissant la
gentillesse et puant le manichéisme. Oui, surprise, c'est américain,
comment l'aviez vous deviné?
Je vous ai déjà donné le nom de deux Bisounours, vous pouvez voir que
les créateurs ont du s'inspirer des surnoms d'habitués de bars gay.
Non, mais Grobisou, Grochéri, Grogâteau ou Grotaquet, y'a pas idée! (Pardon?
Ah, pas Grostaquet, mais Grostaquin. Je me disais, aussi, ça ressemblait beaucoup trop à Grospaquet). Oui, déjà, vous sentez la nausée qui vient.
Et attention, vous n'avez pas encore vu le nom des méchants : Le
sorcier Sans-Cœur et le professeur Cœur-De-Pierre. Ah, tiens, vous
aussi vous avez mangé des pâtes à midi. Paf, donc, une génération de
perdue. La mienne, de génération, d'où je râle. Oui, je râle beaucoup,
mais j'ai le droit, on est chez moi.
Alors, l'histoire, maintenant. C'est d'un complexe à faire pâlir un
spécialiste du Proche Orient. Je résume, sans regarder WikipédiaWikipédia : Les
méchants sont méchants, et les gentils Bisounours sont gentils et
combattent les méchants à l'aide de leurs gentils pouvoirs, que l'on
peut deviner par le dessin sur leur ventre. Pas trop fatigués?
Bon, jusque là, vous vous dites que c'est vraiment immonde de faire subir ça à des enfants, mais ça ne dépasse pas ça, hein.
Ben, si, justement.
Déjà, le pouvoir, il jaillit du ventre. IL JAILLIT DU VENTRE! DEVANT
DES GAMINS! Et ça va plus loin! Ce pouvoir qui JAILLIT DU VENTRE, il
contamine la personne touchée si tu ne te protèges pas. Genre, Grosdodo, il fait dormir en te
touchant avec son pouvoir QUI JAILLIT DU VENTRE. Et là, encore, je fais
soft. Je te passe donc l'utilité des pouvoirs de Grosbisou, Groschéri
ou Grostaquet. Taquin, merde.
Donc, je dis pornographie. C'est pire que les SchtroumpfsSchtroumpfs!
Ensuite, c'est politique à mort : GuantanamoGuantanamo avant l'heure, ce truc! T'es triste? BAM GroscalinGroscalin dans ta gueule. T'as envie de t'amuser le soir? BAM GrosDodo dans ta face. T'es au régime? BAM Grosgâteau te tombe dessus. T'as envie d'être célibataire? BAM Groscopain vient te gâcher tout ça. Et puis, c'est un truc à te forcer à être obèse, ils sont tous GrosquelquechoseGrosquelquechose. Ah, tiens, non, il n'y a rien quand t'es en manque de sexe. FORCÉMENT, ça ne sert qu'à te reproduire, le sexe, dit le message caché. Encore que, comme il y a pas mal de mâles, je ne vois pas trop comment... euh, changeons de sujet.
Bref, donc, un Bisounours pour tout les états. Un Bisounours pour tout les maux. Le Bisounours est un remède. Tu es malheureux? Va voir un Bisounours. Tu ne te sens pas bien dans ta peau? Trouve le Bisounours qu'il te faut. Et dans la vraie vie, il fait quoi, le gamin qui n'est pas bien, hein? Il cherche son substitut de Bisounours, exactement. Qui lui fera voir le monde tout coloré. Et chassera le problème. Une génération de drogués plus tard, le mal est fait.
Si t'es pas d'accord avec les Bisounours, de toute façon, t'es un méchant, et donc, on te combat, nous autres gentils Bisounours. Non, mais attendez, je ne me souviens plus du dessin animé, mais il ne manquerait plus que les méchants soient noirs et que les Bisounours prient, et c'est le pompon. Aucune liberté d'agir, il FAUT que tu penses comme eux. Sinon, on t'arrête à coup de bisous, et on te fout dans une prison à bisous où on te force à recevoir des bisous. Et tu manges des gâteaux aux bisous, et tu regardes des bisous, et on te rééduques à faire des bisous. Par contre, on ne te lave pas aux bisous, faut pas déconner non plus, c'est pas un hôtel de passe, ici. A la fin, quand on te libère, t'as une forme de bouche. Comme à GuantanamoGuantanamo, où quand tu sors, t'as une forme de Bush, c'est un peu pareil.
Alors moi je dis non. Surtout que, maintenant, les Bisounours sont revenus. Mais maintenant, ils ne se cachent même plus. Le coming-out est fait. C'est devenu politico-socialpolitico-social, il y a GrosAméricain. Enfin, un America Cares Bear, mais je pense qu'on peut le traduire par GrosAméricain. Sur le site, on peut lire ce qui suit :
America Cares Bear loves all that’s good about our country. This happy and energetic bear shows that we should do all we can to care for America and the world. America Cares Bear even shows he cares about our country with his red, white and blue tummy symbol —a shooting star.
Pour les non-anglophonesnon-anglophones, je traduis : Vomi gnangnan vomi, vomi, culcul vomi, vomi vomi vomi petite fleur vomi, a shooting star. En gros. (Oui, la fin, j'ai pas traduit, j'ai eu la flemme)
Bref, donc, voilà, encore un symbole de notre enfance dont l'innocence s'envole au gré du vent, balancé à l'ouest, à l'est, suivant les alizés et les courants, aaaah, que c'est joli... Mais le prochain ou la prochaine que j'entends prononcer le mot désormais maudit, je le transforme en America Cares Bear en lui plantant une shooting star dans le bide.
On verra si elle jaillira vers les méchants, tiens.
(P.S. Je tiens à remercier la talentueuse Sirana pour son inspiration dans la conception de ce message)
