Much Abdos about Nothing

03 février 2009

Je suis comptable de faits, c'est du culot, té!

Alors,tout d'abord, mes excuses à mes (très nombreux) lecteurs, la dernière note s'est trouvée victime de mon manque d'amour à son sujet. Oui, c'est cruel, je sais, mais faut pas déconner non plus, je suis chez moi, comme je me plais à le répéter, et si je veux déclarer la guerre aux cheveux secs et aux pointes fourchues, ou l'inverse je ne sais jamais, j'ai le droit.
C'est vrai, quoi, je décide de qui a le droit de vie ou de mort. Tenez, là, je vais écrire un truc, et le supprimer, sans que vous le sachiez. Voilà, hop, c'est fait. Je suis l'Empereur. Le Roi? Le Prince? Bon, le Duc, alors? Le Chef? Rien? Ah, Rien, ça vous plait. Donc, Rien avec une majuscule. Voilà, comme je le disais, c'est moi qui décide.
D'ailleurs, on va parler foot. Non? Hand? Basket? Vous ne voudriez pas non plus que je vous parle des contes de fées! Ah si... Ah bon. Bon, ben, je décide qu'on parlera des contes de fées, voilà.
Qu'est ce qu'un conte de fées, alors. D'aucuns pensent qu'il s'agit d'une histoire avec des princesses et des sorcières. Mais que nenni. Enfin, si, mais déjà, arrêtez votre féminisme, y'a aussi des hommes. Des princes, même. Qui ne servent pas à grand chose, certes, mais essayez de manger une soupe à la fourchette, et vous comprendrez que parfois, certaines choses sont indispensables, même si on les prend 5mn avant la fin.
Non, les contes de fées, mon pauvre ami, c'est une quantité de codes à suivre, de règles à respecter, de poncifs éculés à répéter, tellement que passé un certain nombre, vous en avez lu un, vous les connaissez tous. Donc, comment écrire un conte de fées, mode d'emploi.

Déjà, un conte de fée, ça commence TOUJOURS par "Il était une fois", et ça finit TOUJOURS par "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Pourquoi, me demandez vous. Eh bien, c'est simple. Ça commence comme ça pour montrer que, faut pas déconner, une pomme ne fait pas dormir et une femme de ménage, ça ne se transforme pas en citrouille, ou je ne sais quoi. Et ça finit comme ça pour ne pas trop aller dans le détail d'une femme devenue juste une machine à procréer et changer les couches et d'un homme courant le jupon à droite et à gauche pour éviter de se coltiner une mégère et 135 lardons hurlant à tue-tête (Non, mais en même temps, faut le comprendre, une armée de dragons, c'est toujours plus facile à combattre que ça. Déjà, t'as même pas le droit de tuer tes gamins, alors que les dragons, si. Une armure, ça te protège contre les flammes, pas contre les cris vociférant de gnomes d'un mètre. Et puis, un dragon, ça possède un trésor, alors qu'un gamin, tu vois, ça possède ta femme, bonjour le cadeau).
Donc, voilà, un conte de fées, ça a un début, une fin, et au milieu, il y a des aventures. Parce que le prince, ou le chevalier, ou tout bellâtre de base, dans ce genre d'histoire, il faut quand même qu'il lutte un minimum pour chopper. C'est pas genre il est en boite, et là, il y a Blanche Neige évanouie par terre tellement elle est bourrée, ou Cendrillon qui cherche sa chaussure par terre, et comme Poucet s'est fait virer pour avoir laissé des cailloux pour retrouver facile les toilettes et les trois ours sont en partouzes avec Boucle d'Or, il a le choix. Non, c'est plus chaud. Il faut des monstres. Non, les videurs, ça ne compte pas.
En plus, les monstres, c'est simple. Un monstre, c'est tout personnage méchant. Et moche, de surcroit. Un loup, un dragon, une sorcière, ta belle-mère le matin, tout ça, c'est bon. Et ce monstre, il faut qu'il s'en prenne à une jeune fille innocente, plutôt du genre pas mal foutue, mais qui ne sait pas s'arranger. Ou qui se balade dans une forêt avec de la bouffe, hein, tu fais comme tu veux. Du moment que cette dernière ait un sweat à capuche où il n'y a pas marqué GAP, t'as tout les droits, c'est ton histoire. Juste, essaie d'être un peu logique, même dans un univers où les loups parlent. Genre, si tu plantes le décor dans le désert de Gobi, tu comprendras que la gamine avec son sac de provisions dans une forêt, c'est moyen crédible. D'ailleurs, évite le désert de Gobi. Prends plutôt une zone bien peuplée, parce qu'il y a toujours un château dans le coin. Ou une forêt. Et tu arrêtes de me faire chier avec ta gamine à capuche, là, fous-y Passe-Partout et le reste de Fort Boyart dans ta forêt, bordel. C'est bouché, la gamine en forêt, ça a déjà été fait! Comment? Elle est nue sous son sweat? Ah, euh... oui, mais ça, c'est le cours d'à côté. Mais tu peux rester un peu, développe.
Ahem, reprenons.
Donc, voilà, t'as la fille, qui ne connait rien à la vie, et qu'est tellement gentil qu'on serait pas dans un conte de fées, elle finirait secrétaire à se faire sauter par son patron. T'as le monstre/méchant, qui veut se farcir la fille, ou se venger du monde ou du type qui lui a piqué son jouet quand il était petit, ou se débarrasser d'une rivale pour le titre de Miss Saucisson. Et pour le bellâtre, tu prends le premier couillon venu avec un titre un peu ronflant, ça marche bien, ça. T'as ton décor, t'as tes personnages secondaires, qui sont plutôt gentils, mais intellectuellement limités, ou physiquement difformes, histoire qu'ils ne fassent pas de l'ombre et qu'on oublie pas que dans la vie, c'est quand même quand t'es riche et bien portant que tu gagnes à la fin. Sauf au foot si t'es allemand.
Il ne te reste plus qu'à trouver le moyen par lequel il va y avoir violence sur la fille un peu coconne. Déjà, je te préviens, t'oublies le viol, le coupage de bras, le sang et les extra-terrestres. C'est pas vendeur. Et t'oublies la pomme ou la machine à coudre, c'est déjà fait. Tu peux moderniser si tu veux, mais je ne sais pas si t'as déjà essayer de bouffer un portable ou de te piquer avec une télé, c'est moyen possible.
Voilà, ensuite, tu brodes, tu peux ajouter un compagnon à ton héros, mais l'essentiel, tu m'entends, l'essentiel, c'est de ne le faire apparaitre, tout beau et tout pimpant, qu'à la fin. La fourchette et la cuillère, tout ça, tu te souviens. Faut pas laisser le temps au lecteur de se demander si oui, mais est ce qu'il aime les mêmes films qu'elle, est ce qu'il fait le ménage, et est ce qu'il a une bonne situation, tu comprends. Tu fais souffrir la fille autant que tu veux, du moment que tu ne la défigures pas, et le méchant meurt à la fin, si possible avec des bobos et des bosses.
Voilà, c'est pas compliqué, c'est le conte de fées.
Maintenant, tu peux commencer à écrire, et t'oublies pas, c'est 15% de royalties pour moi

Bien, maintenant, toi, fais voir ton script avec la fille qui n'a que son sweat, là, il y a peut-être moyen de faire un film...

Posté par Ze inconnu à 13:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Juste comme ça, je pense qu'il faut se méfier des histoires de princesses... Regarde : Cendrillon. Déjà, t'as jamais vu une fille aqussi peu marrante, elle se tire de la fête sans dire au revoir, et en plus elle part au moment où en général, il commence à y avoir de l'ambiance. Ensuite, Aurore (La belle au Bois dormant) : elle est pionce pendant 100 ans. Soit disant parce qu'elle s'est piqué le doigt à un rouet. Non, mais t'as déjà vu un truc pareil, toi? Moi, je me pique environ 10x par mois à toute sorte de trucs, et c'est pas pour ça que je dors mieux. Non, là, je pense que le porte parole du château de Bois dormant à fait très fort pour masquer un lendemain de super-méga-cuite monumentale... Et Blanche-Neige : Je pense qu'une fille qui dort avec 7 mecs, ça se passe de commentaires...

    En fait, j'ai bien envie d'intenter un procès à Walt Disney, Charles Perrault et autres frères Grimm pour nous avoir bourré le mou pendant des siècles sur toutes ses soi-disant "princesses", qui en fait sont comme toutes les filles d'aujourd'hui. En pire... Honnêtement, je me sens plus proche de Fiona, la fiancée de Shrek!
    Je sens que je vais me faire un pognon monstre...

    Posté par fol'dingue, 06 février 2009 à 21:09
  • Réponses

    fol'dingue -> Ciel, une nouvelle!
    Ah bah tiens, j'ignorais que la Belle au Bois Dormant avait un prénom.
    Attends, un rouet, c'est pas courant comme truc, si ça se trouve, c'est ultra-dangereux, et on n'en sait rien.
    Donc, si elles sont comme toutes les filles aujourd'hui, ça veut dire que ces auteurs étaient en avance sur leur temps, ou que les filles n'ont jamais changé et sont toujours fêtardes et lubriques?
    Ah, oui, fais gaffe, si t'es plutôt Fiona, évite les mecs tout verts, qu'ils coupent le maïs ou non, s'ils t'embrassent, tu vas devenir comme eux (avec des seins en plus, certes)

    Posté par l'inconnu, 09 février 2009 à 21:28

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