Much Abdos about Nothing

27 décembre 2006

Ne nous fachons pas, ça ne vaut pull à peine

L’hiver, je ne sais pas chez vous, mais à Paris, im-po-ssible de trouver un pull qui fasse plus d’un demi-millimètre d’épaisseur. Un pull bien épais, en laine, à col roulé, si vous en avez chez vous, j’achète, parce qu’ici, ça n’existe plus. Aujourd’hui, l’élégance d’un pull col en V est primordial. Bon, ok, tu te gèles sévère mais c’est pas grave, tu es élégant. Tremblant, bleu tirant sur le violet, mais élégant.

Vous n’en croisez jamais, vous, ces gens qui préfèrent avoir un petit sweat par –5°C, qui ont des pulls en acrylique (ceux qui brillent et changent de couleur selon la lumière, classe) par jour de tempête de neige, et, allez, concession, une petit veste de costard par dessus quand la Sibérie est partie envahir l’Europe ?

Vous vous dites que le monde est décidément inégal et injuste, certains naissent avec une prédisposition à supporter le froid mieux qu’un suédois sa femme (50 rapports par an. Je ne me l’explique pas, il faut un brise glace ?)(cette minute de poésie vous était offert par André Bide), alors que vous, vous êtes en hypothermie de jour comme de nuit. Rassurez-vous, ces personnes ne retrouveront l’usage complet de leurs orteils qu’au printemps (pour les neurones, c’est déjà trop tard), ils souffrent comme vous du froid, mais également d’un autre mal, le « Fashion-victimisme ». Les Fashion victimes (prononcez fachon, comme Fauchon, mais sans le u. C’est fou ce que ça change le monde, une lettre) ne veulent PAS passer inaperçu. Déjà que quitter leurs lunettes, ça leur fait mal (« Han, mon dieu, le monde n’est pas jaune/violet/avec des petits cœurs en haut à gauche ?? » Rayez la mention inutile), alors, pas question de se transformer en être informe, comme on en croise trop souvent, boudiné dans un pull, caché sous un manteau, une écharpe, des gants et j’en passe et des guêtres.

Ainsi, les voilà déambulant sous des vêtements plus fin que Kate Moss, le nez levé pour bien voir le regard frileux des passants, tout en faisant bien semblant de ne pas s’en préoccuper, le sourire aux lèvres (« Ha ha, même pas mal »), les cheveux collés sur le crâne en une coiffure savamment faussement pas travaillée. L’ourlet est fait le matin à l’aide d’un double-décimètres, les trous dans le jean sont faits avec un compas, l’angle de balancement des bras en marchant est calculé avec un rapporteur : le fachon est un nostalgique de ses premiers cours de maths (et accessoirement, a trouvé le moyen de rentabiliser à long terme ces instruments qui ne nous servent que 2-3 ans, et qui traînent inutilement chez la plupart d’entre nous)(Non, je ne jette pas souvent mes affaires, pourquoi ?). Parfois, on se dit que c’est un métier plus qu’une passion. Bon, ils doivent se faire des piqûres de vitamines pour ne pas tomber malade le soir en rentrant, vivre dans un appartement surchauffé, dormir avec des bouillottes, qu’en sais-je, mais l’effet est là : Ils sont fachons.

Certes, vous me direz, qu’y a-t-il de cool à être transformé en schtroumpf, les cheveux gelés parce qu’en dessous de zéro, le Vivelle Rouge Béton, ça glace, et devoir faire de ses hivers un grand sacrifice sentimental, obligé qu’ils et elles sont à se faire pousser les poils au maximum pour se faire une invisible et naturelle protection contre le froid ? (Ce qui est il est vrai moins classe pour une femme qu’un homme. Je n’y peux rien, les conventions poilesques sont ce qu’elles sont) Eh bien c’est simple : aucune idée.

Mais à cause de ces gens là, qui aident certainement Damart à ne pas disparaître dans le plus grand secret (« Damart, froid ? Moi ? Jamais, sauf en hiver »), les vendeurs de vêtements sont devenus fachons eux aussi. Ils ciblent une clientèle qui passent son temps à acheter des vêtements (et pas de mangas ni de jeux.. Mais comment font ils pour vivre ??). Car oui, une autre caractéristique du fachon, c’est qu’il possède une penderie plus fournie que le torse de Demis Roussos. Alors me voilà en plein hiver, avec des températures frisants le nombre de buts du PSG à domicile, sans rien à me mettre. Pourquoi, mais pourquoi a-t-il fallu que ma belle-mère découvre que les sèches-linge faisaient feutrer la laine avec MES pulls ? Ou, posé autrement, pourquoi mais pourquoi ai-je mis si longtemps à faire ma lessive moi-même ? C’est sympa, l’hiver, mais ça le serait encore mieux sans le froid et la gastro. Et la grippe. Et le rhume. Et le soleil qui se couche à 16h. Et qui se lève à 10h..

Tain, vivement l'été...

Et le pire, c’est qu’il y aura toujours des vêtements fachons, en été..

Je sens que je vais instaurer la mode des gros pulls en été. Les fachons seront contents, ils auront toujours l'air aussi con à nos yeux

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21 décembre 2006

Passe-Partout et Maitre Capello sont dans un bateau...

Parce que je suis une star, moi aussi maintenant j’ai mes mots-clés.

Oui, en fait, figurez-vous, pour ceux qui ne connaissent pas canalblog, ou les blogs d’une manière général, qu’il existe de merveilleux outils qui permettent de connaître les mots-clés tapés sur un moteur de recherche ayant permis à certaines personnes d’arriver jusque dans ces contrées reculées qu’est mon blog. Bon, faut le vouloir, quand même, tomber ici. Non, parce que ce n’est pas comme si je ne voyais pas clair, hein. Il existe aussi un outil calculant le nombre de personnes venant ici, je ne vous dis pas combien, mais c’est proche du coefficient de Brigitte Bardot. Et encore, quand on lui parle d’animaux. Quoique, dans ces cas là, ce sont plutôt ses hormones qui s’agitent mais ne nous aventurons pas plus en avant.

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le monde est quand même mal barré, au vu de certaines requêtes. Il y a de ces gens, je te jure… Florilège.

Filmer mes ex copine nue : Ne te gène pas, prends une chambre en face de chez elle, et espionne là. Si ton ex est Paris Hilton, peut être que le réceptionniste vous fera un prix de groupe. Si ton ex est nostalgique du IIIème Reich, il y a des risques qu’elle habite dans un bunker, ce qui complique les choses.

Chantal Goya déguisement : Euh, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu, mais une robe à pois, une coupe à la Mireille Mathieu, 2 ou 3 copains déguisés en moustiques, et ça devrait faire l’affaire, non ? (important, chanter plus fort que les moustiques. Sinon, ça claque)

Taille minimale : Oui, parce qu’on vous a menti, hein, la taille, ça compte. Enfin, ça dépend de quoi. Mais en général, la taille haut, ça attaque, et la taille E.T., c’est chaud, mais humide. Quelque part entre les deux, je ne sais pas.

I love inconnu : Grande folle, va, tu m’as retrouvé ! Malheureusement, maintenant, tu me trouves également avec

Mr Poulpe : Eh oui, ça marche aussi… Enfin, apparemment. Ça sent le complot suisse, tiens. Ça va le chalet ou bien ?? On va pas marcher jusqu'à Fribourg!

L’inconnu aujourd’hui : Bah, il est en couleurs joyeuses : pantalon noir, chaussettes noires, t-shirt noir, caleçon bariolé (pas dans cet ordre, hein, ya pas marqué Superman, là)(Qui a dit « Ça se voit » ??). Et il s’ennuie ferme au boulot. D’ailleurs, il écrit du boulot. Eh, il devrait peut être plus souvent écrire sur lui à la troisième personne. Ça fait très César. L’empereur, pas le pâté pour chien.

Comment fabriquer de la dynamite : Oh, c’est simple : Fais écouter Diam’s à Ice T. Le rappeur, pas la boisson. Non, parce que la boisson, elle fera comme tout un chacun en écoutant ça, elle restera froide.

J’ose nu : Oui, parce que oser habillé, c’est un peu plus conventionnel, tu vois. Et c’est un peu plus limité. Oui, je sais, c’est dommage, surtout en hiver, il fait froid, mais il faut ce qu’il faut.

Aimer une deuxième fois : Alors, au choix, soit j’ai des lecteurs de 14 ans, soit de 44 ans. Et embrasser dans l’oreille, c’est dangereux.

sportif nu/ star nues : Ben, va en soirée, à priori, il y aura quelqu’un déguisé en Chantal Goya. Après, c’est à toi de jouer. Pour le reste, t’as les Dieux du Stade (bandes de stéroïdés).

love correcteur : En effet, c’est l’autre nom de la chirurgie esthétique.



Bon, ok, c'était encore un post facile...

Mais vu que je me suis pas mal ennuyé cette semaine, j'ai beaucoup écrit. Donc, restez connecté, de l'update bientôt

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13 décembre 2006

Hollywood, la fraicheur du cinéma prémâché

L’autre jour, je me faisais une remarque d’une profondeur sans nom : Le cinéma hollywoodien, c’est quand même spécial.

Oui, bon, on a tous ses moments de faiblesse intellectuelle, et ce genre de lieu commun est l’apanage des plus grands. M’enfin, quand même, quoi, c’est vrai, c’est spécial. Ces films doivent obéir à un certain nombre de règles, sous peine de ne pas voir le jour dans les salles sombres ou quoi ?

Petit état des lieux des usages à respecter pour faire un film hollywoodien.


Déjà, il FAUT que toutes les minorités américaines soient représentées. Independance Day est d’ailleurs un parfait exemple, puisqu’il n’y a guère que les chinois qui ne pilotent pas d’avions durant la scène finale. Enfin, je crois, je l’ai vu en espagnol. Il faut dire qu’à l’époque, les chinois, hein… Aujourd’hui, ça ne serait pas un vieil immigré mexicain qui lancerait son avion sur le vaisseau extra-terrestre, mais un jeune chinois qui réussirait ensuite à s’en tirer grâce à son parachute Made in China (avec le logo Nike dessus, donc).

En parlant des minorités, dans les westerns, ce sont toujours les plus méchants qui massacrent les indiens. Pas les gentils américains, non non, toujours les méchants. Une manière de se dédouaner, je ne sais pas.


Autre règle, quand les méchants tirent sur le gentil qui s’enfuit. Hop, situation, John, le héros, a passé les portes de l’hacienda du méchant, parvenant à se sauver de ses griffes. L’armada de l’hacienda (oui, j’aime les rimes espagnol en a) se déchaîne alors, pour tuer notre John national. Les cartouches volent vers lui, et là, on se rend compte…ils lui tirent TOUS sur les pieds. Genre, ils ont crus qu’ils allaient lui crever un pneu comme ça ? Je ne suis pas un expert, mais je ne pense pas qu’il s’agit du meilleur moyen de le tuer.

Toujours en ce qui concerne le tir au héros, quand ils le survolent en avion, en hélicoptère, en tout ce que tu veux qui a deux mitrailleuses, les méchants n’arrivent pas à comprendre qu’il ne faut pas tirer AUTOUR du héros, mais SUR lui (D’ailleurs, ils visent toujours les pieds). Il doit y avoir une récompense pour celui qui récupéra ses vêtements propres.


Et n’oubliez pas hein, le gentil est en face des méchants, à 4 mètre, mais pas UN n’arrivera à le toucher, alors que lui, avec 5 balles, il tue 17 personnes, fait exploser deux tanks, 3 hélicos et 12 porte-avions. Ah, oui, et le gentil a le droit de se cacher derrière une porte de voiture (5 cm d’épaisseur), ou mieux, derrière une haie. Ça protège comme du kevlar, les haies, c’est bien connu.


Étudions maintenant le cas où, dans un film policier, les héros comprennent enfin qui est le méchant (souvent, d’ailleurs, le héros se repasse une scène dans la tête, pour mieux voir le méchant. Oui, les héros ont un magnétoscope dans la tête. Avec un zoom, en plus. T’es jaloux ? Sois un héros). Ils foncent alors le cueillir chez lui. Mais y aller discrètement, avec des voitures banalisées par exemple, c’est trop compliqué. Non non, ils préfèrent foncer, faire crisser les pneus, et surtout, surtout, mettre les sirènes à fond. Le policier, dans les films américains, c’est un grand gamin. Bon, évidemment, comme ils ne peuvent pas toujours aller arrêter Ivan Le Sourd, il arrive régulièrement que le méchant les entende et s’enfuie. Il se sait coupable et recherché, mais il attend bien le dernier moment pour s’enfuir. Fort logiquement, il se sauve par le haut. Mais oui, vers les toits. Le voir ensuite tourner aux quatre coins pour regarder si, par hasard, du haut de son 56è étage, il n’y aurait pas un endroit qui ne ferait genre que 3 ou 4 mètres, pour lui permettre de sauter, est quand même assez triste. Le méchant est complexe. Intelligent tout le film, sauf à partir du moment où les gentils ont compris qui il était. Eh oui.


Tiens, d’ailleurs, il FAUT que les policiers, rôles secondaires, et autres personnes poursuivant un type, ou au contraire poursuivi par un assassin, se séparent, et ce sys-té-ma-ti-que-ment. Les policiers enverront l’un des leurs en avant, tandis qu’ils resteront sur place, attendant que le premier se fasse avoir (en poussant un cri) avant d’y aller, un par un. Et les jeunes poursuivi par un tueur dans une maison, en face de la porte d’entrée, préférerons se diviser en deux groupes de un, et se réfugier l’un à la cave, l’autre au grenier. Évidemment, après, ils se font avoir par derrière, c’est bien connu, l’agresseur solitaire est lâche. Bon, sauf quand c’est le héros. Oui, le héros qui attaque par derrière, c’est de la ruse, le méchant qui fait la même chose, c’est vile.


Le méchant, attention, il faut y aller franco, hein : il a l’air brutal, il a la peau pas terrible, et il est étranger. Mais pas n’importe qui, notez. Russe il y a 20 ans, plutôt palestinien ou plus généralement moyen-oriental il y a 10 ans, il est aujourd’hui terroriste. C’est plus facile pour trouver des acteurs, les terroristes n’ont pas de nationalité. Bon, surtout qu’ils passent tout le film avec une cagoule. Les seuls terroristes qui n’ont pas de cagoule, ce sont le chef, car un regard cruel et une cagoule, ça ne fait pas un méchant, sauf dans « Nanouk, Eskimau », et celui (ou plus souvent celle) qui trahit le héros.


Ah, tant qu’on parle des nationalités, attention, quand un non-anglophone parle, hein, c’est TRÈS important : il doit parler anglais, mais avec l’accent de son pays d’origine. Sinon, on ne sait pas d’où il vient. Bon, c’est logique, hein, vous êtes entre vous, tout ça, vous êtes tous terroristes à tendance arabe, ou russe nucléairophile, ou vietnamien fourbe, vous parlerez donc en anglais avec, respectivement, un accent arabe (sauf quand tu dis « allez avancez » à tes hommes, mais tu te fais comprendre par de grands gestes), un accent russe (mais tu dis toujours « da » ou « niet »), et un accent vietnamien (ou tout ce que tu veux qui fais asiatique, personne ne connaît l’accent vietnamien, mon pauvre ami).


Voilà, avec tout ça, vous êtes en mesure de faire un blockbuster qui va cartonner grave dans les salles l’été prochain.

Bon, évidemment, vous ne serez jamais considéré comme un réalisateur intellectuel, mais être intelligent, ça ne remplit pas les poches d’un producteur, hein !

Ni les votre, évidemment.

Posté par Ze inconnu à 21:57 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2006

Une nuit à l'envers (From dusk till down)

(Suite d'hier sur le même thème)

Comment se passe une soirée en boite, quand on a 18 et 35 ans ? Mettons-nous en situation.
A ma droite, Kevin, jeune, énergique, élevé avec l’argent et la mèche sur le côté.
A ma gauche Gérard, ex-jeune cadre ex-dynamique, ex-tombeur, ex-plein de choses, que voulez-vous, tout passe, sauf mon fer, qui repasse.


- Le jeune, souvent accompagné par 15 de ses amis, peut connaître quelques difficultés à rentrer dans la boite. Bon, pourtant, ils font des efforts et ramènent 3 filles. Mais, bizarrement, 6 garçons pour une fille, c’est moyen. C’est dans ses cas là qu’il vaut mieux connaître le physionomiste à l’entrée. Car il y a toujours un physionomiste à l’entrée. Si, vous savez, c’est ce gars qui est payé pour faire semblant de se rappeler des 28556 clients venus ces 10 derniers mois. Bon, c’est plutôt un acteur de film mafieux, bodybuildé et catoganisé, qui passe ses soirées à rester de marbre quand un gamin lui saute dessus en gueulant « Stiveuuuuuuuuuun, c’est moiiii, c’est Keviiiiiiiiiiiiiin, tu te souviens, je suis venu la semaine dernièèèèèère ! ». Si Kevin est bien habillé (costume sombre, chemise sombre dans un pantalon sombre), le visage de Stiveun s’illuminera d’une rangée de dents en or (oui, l’or est le seul moyen de le rendre brillant), et il s’effacera avec plus de grâce et de rapidité qu’un Viêt-Cong ayant marché sur le pied de Rambo pour laisser entrer la personne. Si, au contraire, Kevin est plutôt sponsorisé par Tati (costume à carreaux rose et blanc), Stiveun restera insensible. Evidemment, parfois, la boite est vide, comme ce soir, alors Kevin a de la chance, on laisse rentrer n’importe qui. Mais le job de Stiveun est aussi de gérer la sécurité. Il lance donc au passage de Kevin un « La prochaine incartade, je te vire », comme ça, juste en prévention. Cela n’a certes rien à voir avec la situation actuelle, mais mettez-vous à la place de Kevin, celui-ci balise plus qu’un phare en pleine tempête.

- Pour Gérard, c’est plus simple, plus court, et donc plus facile. C’est comme la vie. Comme il dépasse d’une tête tout les clients faisant la queue, tout le monde le prend pour le patron et le laisse passer. Une fois devant le physionomiste, il lui glisse un billet dans la main, le moins discrètement possible, tout en lançant bien fort à la cantonade « Oui, Stiveun, la même table que d’habitude». Stiveun s’efface alors, toujours avec le pas de danse du Viêt-Cong. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il aide au moins à rentrer facilement.


A l’intérieur, les rencontres sont classiques (Généralités ? Ou ça ?).

- Le jeune, tout d’abord. Nathalie a repéré Kevin, qui se trouve à droite des coussins. Elle va donc logiquement danser de l’autre côté de la boite, car c’est, selon elle, le meilleur moyen que leur chemin se croise. Kevin, lui, aime bien Sabrina. Sabrina se trouve comme lui à droite des coussins, mais elle aime bien le type à côté d’Annie, d’où sa position éminemment stratégique. Kevin tente une approche, gigotan..euh, dansante, et dans le dos de Sabrina : Moins elle te voit arriver, moins vite elle prend peur. Lors des rencontres, tout est dans les mains. Hop, une main autour de la taille de Sabrina, hop, une main dans la gueule de Kevin. Kevin peut alors changer de partenaire, sans besoin de protection aucune, jusqu’à trouver une main plus lente, voir même plus douce. C’est facile, les relations à cet âge là. Quoiqu’un peu court.

- A 40..euh 30 ans et des moutons de poussières, les choses sont différentes. Forcément, passé un certain âge, bouger devient difficile. Le moins jeune préfère donc rester au bar, ou à ce qui en tient lieu, pour observer, tel un aigle surveillant son hamster. Le hamster en question doit de préférence être majeur, mais l’aigle n’est pas trop regardant, les hamsters d’aujourd’hui se maquillant comme des ratons-laveurs. Une fois la cible trouvée, il tente une approche au regard, genre « je te fais une fleur en te regardant, alors viens prendre un verre au bar avec moi et ne m’oblige pas à marcher, j’ai de l’arthrite » (oui, plus tu vieillis, plus tu fais passer de messages avec tes yeux). Le regard de vieux beau est son principal atout, avec son porte-feuille qu’il espère ne pas voir se dégarnir aussi vite que son crâne, l’argent ne fait pas de petits.


La sortie se doit d’être digne. Quoiqu’il se passe, il faut sortir la tête haute, malgré la douleur. Si Kevin a découvert que la mèche ne fait pas la classe, si Gérard a découvert que l’argent ne fait pas le physique (décidément, l’argent ne fait plus grand-chose, de nos jours...flemmasse), c’est un petit pas pour l’humanité, mais un grand pied au derrière pour eux. Evidemment, la véritable version de leur samedi soir ne parviendra jamais aux oreilles de leur camarades. Ils s’échineront donc tout le dimanche à inventer une soirée où des danseuses nues se jetaient à leurs pieds, où ils durent refuser les avances qui se multipliaient, où ils aidèrent à sauver une demoiselle en détresse des griffes d’un impétueux dragueur, où la lumière stroboscopique n’avait qu’eux pour centre d’intérêt, et où ils allèrent au lit compléter leur nuit blanche, bref, une soirée dont VOUS êtes le héros ! De celles qui donnent envie à l’auditeur crédule de sortir, pour pouvoir vivre ça à son tour.


Evidemment, ma naïveté est bien la seule raison qui m’ont fait sortir à cet âge-là. Vous pensez bien que ce n’était pas par intérêt, hein.

D’ailleurs, il faudra que je vous conte la fois où j’étais LA star sur la piste…

Laissez moi un dimanche…

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05 décembre 2006

This is the rimel of the night

J’aime ma famille. Petit dialogue, lors d’un repas, chez ma mère. Les différents protagonistes sont ma mère, que nous présenteront par la lettre M, comme mère, mon frère, qui, lui, se verra attribuer la lettre F, comme frère, et moi, donc, qui aura un D, comme Dieu, sachons rester simple.
(F) – T’utilises quoi, comme papier toilettes, toi ?
(D) – Ben, du doux, rose, molletonné. J’aime mes fesses, donc, j’en prends soin.
(M) – Oui, tiens, ça ne m’étonne pas.
(F) – Et toi ?
(M) – Comme ton frère.
(F) – Bon, ben je vais aller aux toilettes chez toi, alors. Chez moi, c’est du papier de verre. Et puis comme ça, je ne l’use pas.
(M) – Ah, ben si tout le monde savait que tu venais faire tes besoins chez moi par soucis d’économie !
(F) – Oh, ça va, pas besoin de le crier à la fesse du monde. 


Je n’aime pas l’hiver. L’hiver, il fait froid. Et c’est bien connu, plus les températures descendent, plus les habits s’allongent. Plus le froid est mordant, et plus les couches se multiplient. Bref, tout est fait pour faire disparaître les formes. L’hiver, c’est plus efficace que les boites de nuits pour les moches.Non, parce que les boites de nuits, hein, c’est quand même assez spécial. J’avoue, dans ma folle et trépidante jeunesse, j’ai fréquenté quelques-uns uns de ses établissements dévoyés corps (les occupants sont à peine habillés, même en hiver, ce n’est pas le froid qui compte, c’est la classe) et bien (c’est pas donné) à l’amusement et à la rencontre.


Bon, ça, c’est la version officielle, en fait, ça serait plutôt à l’alcool et à la honte le lendemain (A moins que la lumière stroboscopique t’ait permis de voir avec qui ou quoi tu dansais. Faut une certaine habitude, et cligner des yeux à 160BPM)(Attention toutefois à ne pas être décalé, ou vous passerez pour un psychopathe en manque de sang et de boyaux).


Pour les non initiés, brossons le tableau. Nous ne parlerons que des boites parisiennes, je n’en connais pas d’autres. Enfin, je le prétends, j’ai quand même une réputation à tenir. Elles sont fréquentées par deux types de populations bien distincts. (Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées ne seraient pas très très fortuites, vous pensez bien. Si vous vous sentez concernés, le département d'état nierait avoir eu connaissance de vos glapissements scéniques à condition que les faits remontent à 5 ans)
1. Les jeunes. Les filles ont de 15 à 23 ans, les garçons de 17 à 25 (c’est bien connu, les garçons sont plus cons que les filles, qui arrivent donc à trouver l’entrée de la boite plus tôt).
2. Les vieux. Enfin, vieux.. La trentaine grisonnante et finissante, quoi. Qui cherchent de la chair fraîche. Ouais, parce qu’à quarante.. euh, trente ans, les femmes ressentent un peu plus l’effet de la pesanteur, d’après eux. Mais c’est surtout qu’elles connaissent mieux les hommes. Les dragueurs n’ont plus la côte.

Un point commun entre ces deux catégories : L’âge lâché durant les conversations n’est jamais celui de la carte d’identité. Mais là où la catégorie 1 se vieillit (souvent de manière peu crédible), la 2 se rajeunit (là, c’est crédible, mis à par tes parents qui te paraissent toujours extrêmement vieux, tu n’as jamais croisé de quarant.. euh, trentenaires). Et le plus amusant, c’est que, avec l’expérience, tout le monde sait que l’autre ment, et sait que l’autre sait, mais continue. Allez comprendre...


Autre détail du tableau, l’alcool. Aaaah, l’alcool. Quand tu as 18 ans, il FAUT déjà s’être bourré la gueule. Une fille aussi, me direz vous, mais c’est plus personnel, donc moins important. Tes copains se moqueraient de toi s’ils apprenaient que ta boisson préférée reste le Banga et non la piquette de supermarché qu’ils dégustent comme un St Emilion 82, ou le whisky frelaté qu’ils prétendent plus âgé qu’eux et trouvé dans le bar personnel de papa (si papa est une boutique communément appelée « arabe du coin », cela peut être acceptable). A 18 ans, tu as beau dire, tu ne tiens pas l’alcool. Jusqu’à la fac, en fait, tu ne tiens pas l’alcool. Après, tu découvres, mais avant, pour toi, une soirée alcoolisée c’est en boite, à 15 autour d’une table et d’une bouteille à 100€ (indispensable pour avoir la table) remplie d’un alcool quelconque probablement coupé à l’eau et/ou au panaché. Et pourtant, au bout d’un verre et demi (Annie a été d’accord pour te donner son ¾ de verre, elle a piqué la voiture de maman, il ne faut pas qu’elle ait d’accident), tu sors encore fièrement : « ‘Tain, chuis même pas bourré ! ». Enfin, tu le hurles. Non, parce que, en plus de la lumière qui rendrait épileptique un lapin, la musique est à fond les manettes. M’enfin, c’est compréhensible, vu comment la nature et ton intellect t’arrangent à cet âge là, augmenter tes chances de rencontre sont à ce prix, en étant sourd, muet et à aveugle.


(Comme je suis en verve, ma bitter sweet symphony est en deux parties, la suite arrivera demain)

Posté par Ze inconnu à 13:09 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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